Nathalie Bertrand

Kinésiologue certifiée

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La confiance se construit, elle ne se décrète pas : comprendre les origines du manque de confiance et retrouver sa capacité d'agir

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« Je ne suis pas capable. » « Je n'ose pas. » « J'ai peur de me tromper, de décevoir ou d'être jugé. » « Je sais ce que je voudrais faire, mais quelque chose me retient. »

Derrière ces phrases, il y a parfois bien plus qu'un simple manque de confiance en soi. Il peut y avoir des expériences passées qui ont laissé des traces, des habitudes de pensée, la peur du regard des autres ou la difficulté à se sentir légitime.

Nous avons parfois appris à douter de nous-mêmes au fil du temps, au point de ne plus voir nos capacités, nos ressources et nos possibilités d'évolution.

Et si la confiance en soi n'était pas quelque chose qu'il fallait posséder avant d'oser, mais quelque chose que l'on pouvait progressivement construire ?

Comprendre ce qui fragilise la confiance, c'est déjà commencer à changer de regard sur soi. Mais pour avancer, il est également nécessaire d'expérimenter de nouvelles façons de penser, de ressentir et d'agir.

 

1. D'où vient le manque de confiance en soi ?

Le manque de confiance ne s'explique pas de la même manière chez tout le monde. Il peut se développer au fil des expériences, des relations, des apprentissages et des événements de vie.

 

→ Les expériences qui nous ont fait douter de nous

  • une critique répétée, 
  • un échec difficile à vivre, 
  • une humiliation, 
  • un rejet,
  • le sentiment de ne jamais être à la hauteur,

peuvent influencer la manière dont nous nous percevons.

Lorsqu'une personne entend régulièrement qu'elle est trop sensible, maladroite, incapable ou qu'elle devrait faire mieux, elle peut finir par intérioriser ces messages.

Avec le temps, certaines expériences ponctuelles deviennent des croyances plus générales : « Je ne suis pas assez bien. » « Je n'y arriverai pas. » « Je dois faire mes preuves pour être accepté. »

Le psychologue Albert Bandura a montré l'importance des expériences vécues dans la construction du sentiment d'efficacité personnelle, c'est-à-dire la croyance que nous pouvons accomplir une action donnée.

Cela nous rappelle une chose essentielle : nos croyances sur nos capacités se construisent. Elles peuvent donc aussi évoluer.

 

→ Le besoin de plaire et la peur du jugement

Nous avons tous besoin de liens, de reconnaissance et d'appartenance. Mais lorsque le regard des autres devient le principal repère pour évaluer notre valeur, il peut devenir difficile d'oser être soi-même.

  • On dit oui alors qu'on pense non. 
  • On tait son opinion pour éviter un conflit. 
  • On renonce à une envie par peur de décevoir. 
  • On cherche à tout faire parfaitement pour ne donner aucune prise à la critique.

Peu à peu, on peut perdre le contact avec ses propres besoins et finir par se demander ce que les autres attendent de nous avant même de se demander ce que l'on souhaite réellement.

Retrouver confiance, c'est aussi apprendre à écouter son propre point de vue, à reconnaître ses besoins et à accepter que l'on ne puisse pas plaire à tout le monde.

 

→ La peur de l'échec et les stratégies d'évitement

Lorsque l'on doute de soi, éviter une situation inconfortable peut sembler rassurant.

  • Ne pas prendre la parole évite de risquer une remarque. 
  • Ne pas entreprendre un projet évite de connaître un échec. 
  • Ne pas exprimer un besoin évite de risquer un refus.

Mais ce soulagement est souvent temporaire. En évitant la situation, on ne découvre pas nécessairement que l'on aurait pu y faire face.

Le doute peut alors s'installer dans un cercle : je crains de ne pas être capable, je n'ose pas essayer, et je ne peux pas expérimenter mes capacités.

La confiance se fragilise ainsi parfois moins par un manque réel de compétences que par le manque d'occasions de les mobiliser.

 

→ Le perfectionnisme et la difficulté à reconnaître sa valeur

Certaines personnes ne s'autorisent à être satisfaites d'elles-mêmes que lorsqu'elles ont réussi, répondu aux attentes ou évité toute erreur.

Elles minimisent leurs réussites, retiennent leurs imperfections et se jugent durement au moindre faux pas.

Mais si l'on attend d'être irréprochable pour se sentir légitime, la confiance reste toujours menacée.

Apprendre à reconnaître ses qualités et ses progrès, tout en acceptant ses limites, permet de construire une relation à soi moins dépendante des résultats.

Comprendre l'origine de ses doutes ne consiste pas à chercher un responsable. C'est apprendre à reconnaître les mécanismes qui se sont installés pour pouvoir, progressivement, choisir d'autres façons de fonctionner.

 

Comment se construit le manque de confiance en soi ?

Le manque de confiance ne vient pas nécessairement d'un manque de capacités. Il peut se développer lorsque certaines expériences nous amènent à douter de nous-mêmes, puis se maintenir à travers nos pensées, nos émotions et nos comportements.

Voici le mécanisme, étape par étape.

1. Une expérience vécue

Une critique, un échec, un rejet, une humiliation ou des exigences répétées.

2. Une interprétation de l'expérience

« Je ne suis pas à la hauteur », « Je ne suis pas capable », « Je risque d'échouer ».

3. Une réaction émotionnelle et corporelle

Peur, honte, anxiété, tension, appréhension ou envie de se protéger.

4. Un comportement d'évitement

On n'ose pas, on reporte, on se tait, on cherche à plaire ou on veut tout contrôler.

5. Le doute se renforce

On ne se donne pas l'occasion de vérifier ses capacités. La croyance initiale peut persister.

Schéma simplifié inspiré des modèles cognitifs et comportementaux. Ce mécanisme est possible, mais il ne décrit pas toutes les situations ni toutes les personnes.

 

Pourquoi ce mécanisme peut-il s'installer durablement ?

Plusieurs phénomènes psychologiques peuvent contribuer à entretenir ce cercle.

  • La généralisation : une difficulté dans une situation devient une conclusion globale sur soi. « J'ai échoué » devient « Je suis incapable ».
  • Le biais attentionnel : on remarque davantage ses erreurs et les signes de désapprobation que ses réussites ou les retours positifs.
  • L'autocritique : on interprète ses difficultés comme des preuves d'insuffisance personnelle.
  • L'évitement : on renonce aux expériences qui permettraient de tester ses croyances et de développer de nouvelles compétences.
  • La dépendance à la validation extérieure : on se sent capable lorsque les autres nous approuvent, mais on doute dès qu'une critique apparaît.

Ces mécanismes peuvent se combiner. Ils ne signifient pas que la personne manque réellement de capacités, mais que sa perception de ses capacités est devenue fragile dans certaines situations.

 

2. Le corps et les émotions : une autre porte d'entrée vers la confiance

La confiance en soi ne se résume pas à ce que l'on pense. Elle s'accompagne aussi de réactions émotionnelles et corporelles.

Avant de prendre la parole, de poser une limite ou de se lancer dans une situation nouvelle, certaines personnes ressentent une boule au ventre, une respiration plus courte, des tensions ou une envie de se retirer.

Ces réactions peuvent accompagner le stress et l'appréhension. Elles ne signifient pas nécessairement que l'on est incapable ou que la situation est dangereuse.

Notre état émotionnel influence la manière dont nous interprétons ce que nous vivons. Inversement, notre perception d'une situation peut modifier nos réactions corporelles.

Apprendre à repérer ses sensations, à ralentir et à identifier l'émotion présente peut donc aider à mieux comprendre ce qui se passe en soi.

En kinésiologie, le travail proposé peut notamment être l'occasion, selon l'approche du praticien, de prendre un temps d'écoute de soi, de mettre des mots sur son vécu et de réfléchir à ses ressources et à ses objectifs.

Il est toutefois important de distinguer cette démarche d'un traitement scientifiquement démontré : les preuves disponibles ne permettent pas d'affirmer que la kinésiologie traite spécifiquement le manque de confiance en soi, ni qu'elle permet d'identifier de façon fiable l'origine psychologique d'un symptôme par le test musculaire.

Elle peut s'inscrire dans une démarche personnelle de mieux-être, sans se substituer à un accompagnement psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.

 

 

3. Les piliers pour reconstruire sa confiance

La confiance ne se commande pas. Elle se développe à travers des expériences, des apprentissages et des changements progressifs.

 

  • Pilier 1 : reconnaître ses croyances limitantes

La première étape consiste à repérer les phrases que l'on se répète lorsqu'on doute.

« Je ne suis pas à la hauteur. » « Je n'ai pas le droit à l'erreur. » « Je dois être fort pour tout le monde. » « Je ne mérite pas de prendre ma place. »

Ces pensées peuvent sembler évidentes, mais elles méritent d'être examinées.

Une pensée n'est pas nécessairement un fait. Une expérience passée ne prédit pas automatiquement toutes les expériences futures.

 

Un exercice simple :

Lorsque tu te surprends à douter de toi, prends quelques instants pour te demander :

  • Que suis-je en train de me raconter ?
  • Quels faits soutiennent réellement cette pensée ?
  • Existe-t-il une autre manière de comprendre la situation ?
  • Que dirais-je à une personne que j'aime si elle vivait la même chose ?

L'objectif n'est pas de se convaincre que tout est possible, mais de développer un regard plus juste et plus nuancé sur soi.

 

  • Pilier 2 : apprendre à écouter ses émotions et ses besoins

Nos émotions peuvent nous renseigner sur la manière dont nous vivons une situation. La peur peut signaler une incertitude, la colère une limite qui semble dépassée, la tristesse une perte ou une déception.

Elles ne donnent pas toujours une interprétation exacte de la situation, mais elles méritent d'être écoutées.

Plutôt que de chercher immédiatement à faire disparaître une émotion, il est possible de prendre le temps de l'identifier.

 

Un exercice simple :

Dans une situation où tu manques de confiance, demande-toi :

  • Qu'est-ce que je ressens actuellement ?
  • Qu'est-ce qui me préoccupe dans cette situation ?
  • De quoi aurais-je besoin pour avancer ?
  • Quelle petite action respecterait à la fois mes besoins et la réalité de la situation ?

Cette démarche peut aider à passer d'une réaction automatique à une décision plus consciente.

 

  • Pilier 3 : oser agir par petites étapes

La confiance se nourrit des expériences dans lesquelles nous découvrons que nous pouvons agir, apprendre et nous adapter.

Il n'est pas nécessaire de commencer par un grand changement.

Si tu n'oses pas exprimer ton opinion, commence par la partager dans un cadre rassurant. Si tu as peur de te lancer dans un projet, consacre-lui quelques minutes. Si tu as du mal à poser tes limites, entraîne-toi à formuler un besoin simple.

Le but n'est pas de réussir parfaitement. C'est de te donner l'occasion d'expérimenter tes capacités.

Chaque action peut apporter une information nouvelle : ce que tu sais faire, ce que tu peux apprendre et ce qui pourrait t'aider à progresser.

 

  • Pilier 4 : apprendre à accueillir l'imperfection

Faire une erreur ne signifie pas être une personne incapable. Ressentir de la peur ne signifie pas être faible. Avoir besoin d'aide ne signifie pas manquer de valeur.

Pourtant, nous pouvons nous parler avec une dureté que nous n'utiliserions jamais avec un proche.

L'autocompassion, étudiée notamment par Kristin Neff, invite à reconnaître ses difficultés sans se condamner et à se rappeler que l'imperfection fait partie de l'expérience humaine.

 

Un exercice simple :

Après une situation difficile, essaie de remplacer « Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » par trois questions :

  • Qu'est-ce qui a été difficile ?
  • Qu'est-ce que je peux apprendre de cette expérience ?
  • De quoi ai-je besoin pour avancer la prochaine fois ?

Cette manière de faire permet de reconnaître ses responsabilités sans transformer chaque difficulté en jugement sur sa valeur.

 

  • Pilier 5 : apprendre à se faire confiance dans ses choix

Retrouver confiance, c'est aussi apprendre à prendre des décisions sans attendre d'avoir toutes les garanties.

Il est possible d'écouter les conseils des autres tout en conservant son propre discernement. Il est possible de douter et de choisir malgré tout. Il est possible de changer d'avis lorsque de nouvelles informations apparaissent.

Se faire confiance ne signifie pas toujours savoir ce qui est juste. Cela signifie aussi accepter que l'on puisse réfléchir, essayer, ajuster et apprendre.

 

Un exercice simple :

Choisis une petite décision que tu as tendance à reporter ou à soumettre systématiquement à l'approbation des autres.

Prends le temps d'identifier tes options, les conséquences possibles et ce qui compte pour toi. Puis décide, en acceptant qu'une part d'incertitude demeure.

 

 

4. Et si le premier pas était simplement de s'écouter autrement ?

Il n'est pas toujours facile de comprendre seul pourquoi certaines situations réveillent autant de doutes, pourquoi les mêmes réactions se répètent ou pourquoi l'on a parfois du mal à passer à l'action.

Prendre un temps pour soi, mettre des mots sur son vécu et identifier ce que l'on souhaite faire évoluer peut constituer une première étape.

Dans une démarche de kinésiologie, ce temps peut être l'occasion de se recentrer sur ses ressentis, de clarifier une difficulté et de réfléchir à des actions concrètes en lien avec son quotidien.

L'essentiel est de rester acteur de son cheminement : observer ce que l'on ressent, identifier ses besoins, choisir ses objectifs et expérimenter progressivement de nouvelles façons d'agir.

Si le manque de confiance s'accompagne d'une anxiété importante, d'une souffrance persistante ou de difficultés qui affectent la vie quotidienne, un psychologue ou un autre professionnel de santé qualifié pourra proposer un accompagnement adapté.

 

 

Conclusion : la confiance se construit, elle ne se décrète pas

Nous ne choisissons pas toujours les expériences qui nous ont amenés à douter de nous. Mais nous pouvons progressivement apprendre à modifier notre regard sur ces expériences et à ne plus les laisser déterminer toutes nos possibilités.

La confiance ne consiste pas à ne plus avoir peur, à ne jamais se tromper ou à être capable de tout.

Elle consiste aussi à reconnaître ses ressources, à accepter ses limites et à continuer d'avancer sans exiger de soi une certitude permanente.

Comprendre ses mécanismes, accueillir ses émotions, remettre en question ses croyances, agir par petites étapes et apprendre à se traiter avec bienveillance sont autant de pistes pour amorcer ce changement.

La confiance ne naît pas nécessairement avant l'action. Parfois, elle se développe précisément parce que l'on a osé faire un premier pas.

Et si, aujourd'hui, tu ne cherchais pas à devenir quelqu'un d'autre, mais simplement à t'autoriser un peu plus à être toi-même ?