Les troubles « dys » : comprendre simplement, agir concrètement
Introduction
Les troubles dits « dys » concernent des enfants et des adultes intelligents, curieux et capables, mais qui rencontrent des difficultés durables pour lire, écrire, parler, calculer ou coordonner leurs gestes. Ces difficultés ne sont ni un manque d’effort ni un problème d’éducation. Ils trouvent leur origine dans le fonctionnement du système nerveux central, en particulier dans la manière dont le cerveau traite, organise et transmet l’information.
Cet article explique simplement ce que sont les troubles dys, pourquoi ils existent, comment on peut améliorer le quotidien, et comment la kinésiologie peut accompagner ces personnes, sans jargon médical ni discours ésotérique.
1. Les troubles dys, c’est quoi exactement ?
Le préfixe grec dys- signifie « difficulté » ou « fonctionnement perturbé ». Les troubles dys correspondent donc à des difficultés durables et spécifiques dans l’acquisition et l’automatisation de certaines compétences.
Les principaux troubles dys sont :
Dyslexie : trouble de l’apprentissage de la lecture
Dysorthographie : trouble de l’écriture orthographique
Dyscalculie : trouble du raisonnement et des compétences numériques
Dyspraxie (ou TDC) : trouble de la coordination et de la planification motrice
Dysphasie (ou TDL) : trouble du développement du langage oral
Ces troubles apparaissent dès l’enfance et persistent à l’âge adulte. Il ne s’agit ni d’une maladie, ni d’un manque de volonté, ni d’un retard global.
2. Le rôle du système nerveux
Le système nerveux est le réseau de communication du corps. Il permet de recevoir des informations, de les comprendre et d’y répondre.
Chez les personnes dys :
le cerveau reçoit bien les informations mais il les traite parfois plus lentement ou de façon moins automatique
Cela demande plus d’efforts pour des tâches qui semblent simples pour d’autres. Ce n’est pas que le cerveau fonctionne mal, mais qu’il fonctionne autrement.
Cela entraîne :
- un traitement de l’information plus lent
- une automatisation difficile
- une surcharge cognitive
Spécificités cérébrales selon les troubles dys
Dyslexie
- Implique les aires du langage (temporo-pariétales et frontales gauches)
- Difficulté à associer sons (phonèmes) et lettres (graphèmes)
- Traitement phonologique moins automatisé
- Le cerveau dyslexique utilise souvent d’autres circuits compensatoires, ce qui demande plus d’effort.
Dyspraxie
- Atteinte des réseaux de planification motrice
- Difficulté à programmer et enchaîner les gestes volontaires
- Le geste n’est pas automatisé malgré une compréhension intacte
- Le message nerveux existe, mais son organisation séquentielle est inefficace.
Dysphasie
- Dysfonctionnement des réseaux du langage oral
- Difficulté à structurer, comprendre ou produire le langage
- Peut concerner la syntaxe, le vocabulaire ou la phonologie
- Le cerveau perçoit les sons, mais les traite de manière atypique.
Dyscalculie
- Implication des régions pariétales
- Difficulté à représenter les quantités et les relations numériques
- Trouble du « sens du nombre »
3. Pourquoi les difficultés persistent
Les automatismes (lire sans réfléchir, écrire sans effort, compter rapidement) se mettent en place plus difficilement.
Conséquences fréquentes :
- fatigue mentale
- perte de confiance
- découragement
Sans adaptation, la personne peut donner l’impression de ne pas être attentive ou motivée, alors qu’elle fournit en réalité beaucoup plus d’efforts.
4. Peut-on améliorer un trouble dys ?
Un trouble dys ne disparaît pas complètement, mais on peut largement en réduire les effets.
Le cerveau possède une capacité majeure : la plasticité neuronale. Cela signifie qu’il peut :
- créer de nouvelles connexions
- renforcer des circuits alternatifs
- compenser partiellement les difficultés
Les prises en charge (orthophonie, ergothérapie, orthoptie, etc.) exploitent cette plasticité.
Avec le bon accompagnement, on peut :
- gagner en aisance
- développer des stratégies efficaces
- retrouver de la confiance
- diminuer la fatigue
Le cerveau est capable d’apprendre autrement et de créer de nouveaux chemins pour contourner les difficultés.
Ce qui aide concrètement
- un accompagnement éducatif adapté
- des méthodes d’apprentissage personnalisées
- la répétition sans pression
- la valorisation des réussites
- un environnement rassurant
L’objectif n’est pas de « forcer », mais de respecter le rythme et le fonctionnement de la personne.
5. La kinésiologie comme accompagnement possible
La kinésiologie ne « guérit » pas un trouble dys, mais elle peut aider à :
- réduire le stress lié aux apprentissages
- améliorer la concentration
- renforcer la coordination
- apaiser les émotions négatives (peur de l’échec, blocages)
En travaillant sur l’équilibre global, la personne peut mobiliser plus facilement ses capacités.
6. Une approche complémentaire
La kinésiologie s’inscrit comme un accompagnement complémentaire, en parallèle :
- des apprentissages scolaires
- des aides éducatives
- des adaptations du quotidien
Elle peut être utile à tout âge, notamment lorsque le stress, la fatigue ou le manque de confiance amplifient les difficultés.
7. Changer le regard sur les troubles dys
Les personnes dys développent souvent :
- une grande créativité
- une pensée originale
- une capacité à trouver des solutions différentes
Reconnaître leur fonctionnement particulier permet de :
- mieux les accompagner
- réduire la culpabilité
- favoriser l’épanouissement
Conclusion
Les troubles dys sont l’expression d’un fonctionnement neurologique différent, lié à l’organisation et à la connectivité du système nerveux central. Ils ne traduisent ni un manque d’intelligence ni un déficit éducatif, mais une autre manière pour le cerveau de traiter l’information.
Comprendre leur origine neurologique permet de :
- réduire la stigmatisation
- adapter l’enseignement
- valoriser les compétences et stratégies alternatives
Les troubles dys relèvent donc de la neurodiversité, et non de la déficience. Même s’ils sont durables, leurs effets peuvent être largement améliorés grâce à des approches adaptées.
La kinésiologie, en aidant à réduire le stress et à rééquilibrer le corps, peut soutenir les personnes dys dans leur parcours, en complément des autres accompagnements. Comprendre, adapter et valoriser sont les clés pour permettre à chacun de trouver sa place.